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Billet doux

Au fond de mon tiroir

L’adolescence – une étape si fragile – dans le tourbillon infernal qu’est la vie.

Un brin d’herbe, une plante frêle qui ne demande qu’à être contemplée, rassurée et qui, pour grandir, nécessite un apport, un engrais. Un fertilisant composé de chaleur, d’écoute et de confiance… Un besoin d’Amour qui ne sera assouvi que par un seul être, un gardien mûr au cœur d’or pour réchauffer la fragile pousse rencontrée le long du chemin de la vie ; pour éblouir et avilir les autres plantes plus fortes qui risqueraient d’envahir et d’étouffer la plantule ; pour briller devant cette jeunesse qu’est cette pousse. Alors, elle comprendra que cet Amour que l’autre lui a donné la liera à lui pour toujours et que même si une végétation plus robuste l’enserre au point de l’étouffer, elle aura accumulé suffisamment d’énergie pour reprendre vigueur et se tourner vers son tuteur d’amour afin de reprendre contact avec lui et lui demander grâce pour ne pas lui avoir fait confiance au long de sa croissance.

La plantule qu’elle est, s’est fait cueillir par un autre qui l’a alimentée de belles promesses et de paroles enchantées mais insuffisantes puisque, ce jour – hélas trop tardivement – elle recherche  son jardinier tendre et passionné auprès duquel elle a laissé son cœur d’adolescente.

Voici l’histoire de 2 êtres qui se sont rencontrés il y a fort longtemps et qui au détour d’un rêve singulier a permis à l’un d’entre eux de forcer la communication qui s’était trouvée bloquée…

Elle a fait un rêve étrange qui la tracasse dès le réveil et qui l’envoûtera sûrement toute la journée…

Pourquoi le passé a-t-il resurgi de façon si forte ?

Pourquoi la nostalgie fait-elle si mal ?

Elle fait un bond de 18 ans en arrière : lors de la saison chaude, un été comme il n’en a plus jamais existé, un été beau comme leur amour naissant, un été qui n’était qu’à eux et qui illuminait leurs tendres moments partagés. Que de souvenirs !

Sur le chemin qu’ils ont suivi ensemble, ces 2 amants ont laissé des marques indélébiles et tous les éléments de la nature environnante se souviennent de leur bonheur. Il suffirait de revenir sur les traces du passé pour écouter la chanson du vent qui raconte leur Amour. Un amour qui existera tant que le vent pourra  accrocher ses notes de musique lors de sa course à travers les saisons.

Elle se rend compte que sa mémoire est intacte, rien n’est effacé ; seulement invisible de l’extérieur… Comme le feu qui, par un simple souffle volontaire est prêt à donner la lumière, la chaleur.

Non, elle n’a rien oublié ! Les souvenirs sont tenaces et les regrets aussi.

Il est trop tard, le temps a mis des barrières entre ces 2 amants qui se cachaient pour s’aimer. La peur, cette peur terrifiante qui la rongeait : la rumeur, le doute de l’adolescence, la crainte de bousculer les principes ! Quelle connerie !

Ce rêve permettra-t-il une rencontre sans rien bouleverser dans la construction que ces deux êtres ont édifiée autour d’eux ?

C’était un rêve, un rêve comme de nombreux autres où ils se retrouvent – amants d’une nuit, amants pour l’éternité.

Ces songes familiers depuis tant d’années, ces secrets que seule la nuit peut lui apporter, la réconfortent, lui donnent du piment dans sa vie actuelle. Cette communication au sein des ténèbres avec l’être aimé qui la chérissait si bien que nul autre homme n’a pu l’égaler, est la source de moments si intenses qu’ils finiront étoiles. Une première quand l’un d’entre eux partira – car on meurt tous d’amour un jour – et qui éclairera le ciel d’une manière si intense que celui qui reste saura la reconnaître entre toutes et sa lueur sera si belle que seul la contempler lui donnera la force de continuer le chemin fixé en attendant de devenir à son tour étoile – étoile d’Amour. Alors, ces deux étoiles s’étreindront si fort qu’elles fusionneront pour ne former plus qu’une et rester en communion sous le regard éperdu de ceux qui, muets d’admiration, avaient interdit leur union.

Ne plus oser communiquer… Garder au fond de son cœur les moments d’Amour sans pouvoir les partager si ce n’est dans ces rêves pénétrants qui la font réfléchir.

Et puis, c’est elle, la timide, la lâche qui n’avait donné aucune explication de peur de ne pas savoir ou tout simplement par facilité, elle qui ne peut plus vivre dans le remords, elle qui pendant de longues heures de réflexion cherche à franchir le pas en douceur. Sans perturber les habitudes de chacun…

Un appel, une voix chaude et réconfortante au bout du téléphone, cette même voix qui, plusieurs années auparavant lui permettait de patienter pendant ces mois où ils étaient séparés. Un dialogue un peu nerveux, inquiet, quelques paroles échangées, certes banales mais qui laissent présager une rencontre possible. Non banal, n’est pas le terme exact, un appel plein d’espoir mais qui – elle l’a juré –  ne brisera rien dans la vie que ces êtres, qui se sont adorés, ont tâché de mener l’un sans l’autre.

Le doute s’efface doucement, un peu à la manière des nuages qui se déchirent sous la force d’un soleil bénéfique. Elle a enfin trouvé un début de sérénité qu’elle recherchait depuis tant d’années.

C’est le cœur rempli d’espoir qu’elle écrit cet essai. Elle poursuivra sa quête jusqu’à une prochaine visite – non pas sans appréhension –  vers celui qui est encore si présent dans son cœur. Même si elle l’a rêvé et donc espéré depuis si longtemps, elle retournera sur les lieux qui ont bercé leur bonheur, le cœur en larmes, déchiré par les regrets.

Est-ce pour demander pardon, pour regagner la confiance et pouvoir redevenir les meilleurs amis du monde qu’elle a posé par écrit ses souvenirs ? Les larmes qu’elle a versées devant l’écran de son ordinateur en rédigeant ses mémoires sur le seul et sincère Amour qu’elle ait connu, elle ne voudrait pas les lui infliger en tentant de lui expliquer qu’elle n’a rien oublié du bonheur qu’ils partageaient il y a quelques années et que même si la vie en a décidé autrement, il est et restera à jamais son premier amour, son jardinier du cœur.

Elle se souvient encore… Elle a le cœur déchiré par les remords. Pourra-t-elle, un jour, franchir les limites et oser. Oser se réveiller et affronter la réalité qui est la leur : vivre leur amour au grand jour.

Il fut un temps où les roses étaient rouges et les bleuets bleus. Il fut un temps où le bonheur envahissait son cœur de sorte que sa vie s’écoulait comme une rivière tranquille au milieu d’une prairie verdoyante. Elle avait hérité d’un cadeau précieux comme le diamant, un soir sous le clair de lune au pays des granites et des bruyères. Un baiser volé à la lumière des étoiles lui avait permis d’accepter ce cadeau qu’était l’Amour. Elle en était fière, il était comme un petit enfant qui grandissait à mesure qu’on le chérissait. Elle lui prodiguait tous les soins nécessaires à son épanouissement.

Ce présent qu’il lui avait donné n’avait d’autre objectif que de les rendre heureux, puissants pour l’éternité. Ils devaient affronter les forces du mal, les regards de jalousie mais ils étaient forts, soudés l’un à l’autre comme les pétales des fleurs des champs. Ils avaient construit leurs nids d’amour au cœur de la campagne, les branches des grands arbres se baissaient pour leur faire une couche, l’herbe devenait plus tendre et le parfum des fleurs apportait une touche de bien-être dans leurs ébats amoureux. Ils n’avaient pas besoin de parole pour se comprendre, leurs regards profonds suffisaient et traduisaient tout le bonheur qu’ils avaient d’être deux, unis contre les autres et pour l’éternité.

Mais elle est devenue jalouse, ce cadeau qu’elle chérissait tant, elle ne le voulait qu’à elle et elle l’a emporté loin de celui qui le lui avait offert. Fut-elle égoïste ! Il était pur comme une source jaillissant au cœur de la montagne, un présent étincelant comme neige au soleil. Elle se croyait forte et invincible avec ce trésor qui emplissait son cœur. Elle voulait dompter la vie mais on ne joue pas avec cette dernière…

Tôt ou tard, elle vous prouve sa rigueur au point de vous rendre vulnérable, fragile comme le bateau – aussi fort fut-il – sur une mer déchaînée. Elle, la lâche, celle qui se croyait inébranlable, elle a dû affronter la tempête de la vie, se retrouver dans un déferlement des éléments de l’existence.

Elle a été balancée dans les tourments et a connu les sentiments d’abandon, prête à tout donner pour se laisser charrier par les flots boueux de sa vie d’alors.

Elle fut un naufragé sans espoir de lendemain, se laissant emporter au gré des tourments. Elle a vécu les supplices, ivre, face à ces éléments déchaînés, perdant pied dans cette vie qu’elle ne reconnaissait plus. Elle priait pour que ce chaos finisse un jour. Triste sort qu’on lui avait réservé !… Qui pourrait, qui voudrait survivre dans cet enfer  qui était son quotidien ?

Prête à sombrer et se laisser couler, une étincelle a jailli devant ses yeux embués. Le regard éperdu, elle a fixé ce petit point brillant qui tremblotait, elle semblait le reconnaître mais ne savait plus le définir. Elle s’est rattachée à lui, a nagé à contre courant en rassemblant le peu de force qui lui restait et c’est alors qu’elle a découvert devant ses yeux ébahis, le cadeau qu’Il lui avait offert. Il était là, intact, ayant survécu aux années et aux déchaînements que la vie lui avait donnés à affronter. Ce don qui lui plaisait par sa beauté de cristal et qu’elle n’avait voulu garder que pour elle, se révéla alors fort comme le roc. Elle comprit donc que la vie – aussi cruelle fut-elle – lui avait rapporté celui qu’elle avait chéri et qu’elle n’allait cesser de chérir pour le restant de ses jours essayant de rattraper la course folle du temps qui les avait séparés.

Elle a fait le chemin en arrière, est revenue s’abreuver aux sources du bonheur après sa longue traversée du désert. Elle est une étrangère qui retrouve ses racines suite à de longues années de quête. Elle veut tout embrasser du regard, reprendre contact avec les lieux de son bonheur qu’elle avait fui, croyant trouver ailleurs une satisfaction égale voire meilleure. Elle y a cru à cette béatitude mais ce n’était que du vent. Un vent torride et brûlant qui dessèche tout sur son passage. Quelle erreur ! Où était la brise calme et bénéfique qui les enlaçait au temps de leurs amours ? Qui les faisait planer au-delà des choses matérielles de la vie ; ils étaient ce couple de mésanges qui traversaient les saisons sans se préoccuper du climat. Ensemble, ils buvaient la vie à pleines gorgées. Leur tendresse partagée les réchauffait des rigueurs de l’hiver, la douceur du printemps nourrissait leur union et quand l’été projetait son rire sur la campagne environnante, ils étaient toujours là, main dans la main, fidèles…

Que sont devenus ces moments d’extrême intensité qu’elle a partagés avec celui qui était le soleil de sa vie ?

Un soleil chaud et brûlant qui envahissait son corps comme le premier café du matin, un soleil qui mettait dans ses cheveux la lumière des blés mûrs et qui avait tari la source des larmes au creux de ses yeux.

Elle est devenue femme à ses côtés. A la manière d’un sculpteur, il a posé ses mains sur son corps, par de multiples caresses, il a modelé ce corps d’adolescente et lui a donné les courbes du corps de la femme. Elle demeurera son œuvre. Une œuvre unique. La seule qu’il aura créée afin qu’ils restent unis l’un à l’autre. De sorte qu’on ne pourra jamais évoquer l’un sans l’autre. Comme la toile appartient au peintre, la poésie au poète, elle lui appartiendra.

On la copiera mais personne ne connaîtra le secret de cet artiste. Il sera le seul à savoir sculpter un corps de femme en déposant au sein de ce corps un cœur qui, à chaque battement, alimentera et fortifiera l’amour qui les unit.

Elle comprendra, au fil des années, que ce cœur qui bat en elle, bat au même rythme que celui de son créateur, à tout jamais.

L’amour a été plus fort que la sagesse. Comment rester serein quand son propre cœur frappe à tout rompre, se déchire d’être éloigné de l’Autre ?

L’amour qui les unissait a su résister au temps qui passe, a traversé les saisons ; se recroquevillant afin de lutter contre les vents et les frimas pour mieux se déployer et emmagasiner toute l’énergie des douces chaleurs dès le printemps.

Cet amour a joué un rôle protecteur sur eux deux. Impassiblement, il était tantôt vers l’un, tantôt vers l’autre avec la lourde tâche de maintenir éveillés leurs souvenirs et leurs sentiments, attendant patiemment le moment propice pour intervenir. Epreuve difficile quand on sait que la vie a conduit ces deux êtres sur des chemins opposés !

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Plaisir

plaisirCe petit mot reçu par une de mes élèves, Mylène, en CP (janvier).

« Maîtresse je t’adore quand tu ris et même maintenant. JTM (je t’aime) ».

Je devais, à l’instant où elle a écrit ce mot, être fâchée!!!

C’est un plaisir inestimable de recevoir un billet de ce genre. On ne peut que les aimer ces chères têtes blondes et dans ces moments-là, oublier les instants difficiles quand ça ne veut pas…